Editorial......

Sous les ailes de la colombe



Au jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint s’est manifesté dans la tempête et le feu. Un cocktail redoutable : si ces manifestations indiquaient sans équivoque une intervention divine, aussi puissante que lors de la remise de la Loi à Moïse, elles pouvaient aussi renvoyer à n jugement impitoyable. Au cours d’un camp de surveillance de feu de forêt en Provence, il m’est arrivé de traverser une forêt ravagée par le feu. Spectacle lunaire, avec çà et là les restes calcinés de petits animaux piégés par le feu, et une odeur âcre ,écœurante, vous prenant à la gorge. Plus une seule trace de vie, la mort omniprésente.
Quel rapport avec l’Esprit Saint, dont les représentations sous la forme d’une colombe inspirent plutôt un sentiment de douceur et de paix ? Quel rapport avec ce souffle de vie éternelle promis par tous les prophètes et enfin accordé ? C’est que l’Esprit Saint résiste à toutes les images : Il nous découvre le Visage de Dieu sur le visage humain du crucifié ; Il nous découvre les autres non comme des ennemis potentiels, l’enfer c’est les autres, mais comme des frères ; Il nous découvre la terre non comme un champs d’exploitation aux richesses scandaleusement partagées dans l’injustice, mais une maison commune à gérer dans le respect et la justice. Il est l’œil qui nous donne le regard de Dieu sur nous-mêmes, les autres , la Création et tous ses dons. L’oeil ne se voit pas.

Envoyé pour tracer la frontière entre le bien et le mal, il est la source de la paix, la vraie, la paix de Dieu  qui ne  se confond  pas  avec des suspensions provisoires de conflits, mais qui résulte de la volonté de mettre au cœur de nos soucis le respect de l’homme de tout homme.


Père Dominique RIBALET